Barbie, Internet et le body shaming

Le corps
Barbie et le body positive

Hello vous toutes et tous !

Petit retour dans le passé avec cet article qui parle Barbie et body shaming

Je partage sur la nouvelle plateforme du blog cet article que j’avais écris début février 2016. La marque Mattel venait tout juste de présenter les nouveaux physiques de sa mythique poupée Barbie en y incorporant plus de diversité. Ce qui m’a semblé être une avancée a été aux yeux de certains un outrage. Je suis d’ailleurs tombée sur un article vraiment offensant envers les personnes grosses et ce qui a motivé les mots qui suivent. J’ai bien essayé de discuter avec ladite blogueuse mais elle maintenait ses propos insultants sans comprendre en quoi cela été du bodyshaming.

J’ai conscience que je ne suis pas DU TOUT la mieux placée pour parler de poids et je ne cherche pas à retirer la parole aux personnes concernées mais il me semblait important ce jour-là de dire à cette personne que ce qu’elle écrivait était horrible. Je ne partagerai pas le contenu de son article ici car je trouve qu’il a eu beaucoup trop de publicité (notamment sur une célèbre plateforme de partage de blogs très orienté girly). Mes souvenirs des commentaires tout aussi axés body shaming sur l’article me font encore mal au cœur.

Gros n'est pas un gros mot

Illustration de Abbilaura

 

J’ai très légèrement réécrit l’article en modifiant quelques mots ou en rajoutant des idées récentes mais rien qui ne modifie la nature de mes propos.

* fin du teasing *

 

Article original daté du 3 février 2016

J’ai décidé de vous reparler de body positive. J’en ai envie depuis quelques temps maintenant et récemment, il s’est passé quelque chose qui a encore plus motivé cette envie.

Si vous avez un peu suivi les Internets (c’est une blague hein, il n’y a pas plusieurs Internets) ces jours-ci, vous avez sûrement entendu/lu des choses sur la nouvelle Barbie. Mattel a souhaité apporter un peu de saveur à sa poupée mythique en la déclinant sous différentes versions. On connaissait la Barbie blanche, la Barbie brune, la Barbie noire et la Barbie asiatique (si, si ça existe mais uniquement dans les poupées de collection je crois)…

Là où Mattel a décidé d’innover, c’est en modifiant le corps de Barbie et en présentant non pas une, non pas deux mais trois autres modèles : une petite, une grande et une «curvy». Et évidemment, la seule qui semble déchaîner les passions est la Barbie curvy, présentée sur Internet comme la version grosse de Barbie.

 

Barbie grosse Fuck your bad vibes

 

Les avis sont mitigés : certains sont complètement sous le charme, d’autres apprécient mais trouvent ça dommage que, malgré le terme de curvy, Barbie est toujours la taille assez fine. Par contre, quelques (non, pas mal de gens) trouvent cela ridicule qu’une telle poupée sorte.

La crainte qui revient souvent, c’est que proposer une Barbie grosse, c’est promouvoir l’obésité, le surpoids et inciter les petites filles à avoir une mauvaise image de soi.

Concernant la mauvaise image de soi, une simple question : si une Barbie grosse peut donner une mauvaise image de soi, cela voudrait-il dire qu’être grosse, c’est une mauvaise image ? La société répondrait oui à cette question car tout est fait pour que le terme de gros soit associé aux pires calamités de la Terre (à côté, les plaies d’Égypte, c’est du pipi de chat).

 

 « Être gros est vraiment la pire chose qu’un humain puisse être ? Être gros est pire que d’être vindicatif, jaloux, superficiel, vaniteux, ennuyeux, malfaisant ou cruel ? Pas pour moi. » – J.K Rowling

 

Que nous apprend la société sur les gros•ses ? Qu’ils mangent mal, qu’ils ne font pas de sport, qu’ils se laissent aller. On a tous connu des gens gros qui faisaient du sport et étaient doués, loin de l’image du gros nul en sport (je vous invite à jeter un coup d’œil au profil Instagram de Dana Falsetti). J’ai connu un gars très mince dont les repas feraient pâlir un diététicien. Je me souviens aussi de cette fille obèse au collège qui faisait des roues sur la poutre, les doigts dans le nez.

Le pire, c’est qu’on nous apprend en tant que personne à créer une échelle de la grosseur. Je suis furieuse quand je vois passer des phrases comme  » une femme, c’est comme un pantalon. Si elle est trop mince, on ne sait pas où mettre les poches « . Outre le fait d’être comparée à un objet, on se doit d’être mince mais pas trop, avec des formes mais pas trop.

La société nous apprend à détester les gros•ses. Détester les gros•ses, c’est l’attitude correcte et attendue à avoir. Si vous faites le contraire, l’argument qui revient le plus souvent, c’est que ces gros•ses qui sont heureux•ses montrent une image saine de l’obésité et que c’est pas bien. Personnellement, je n’ai jamais vu/lu la moindre personne en surpoids dire « vazy, c’est trop cool d’être gros, c’est mieux que d’être mince, deviens gros ! ».

 

Oncle Sam Fuck your bad vibes

 

La preuve la plus splendide de ce raisonnement, c’est qu’on aura retenu QUE la Barbie grosse et que personne ne s’est interrogé sur la Barbie petite : après tout, si je vais dans les extrêmes comme la réflexion sur la grosseur de Barbie, je pourrais dire que la petite Barbie est en fait une incitation perverse à jouer avec des femmes-enfants, voire de très jeunes filles. C’est aussi stupide de dire qu’une Barbie grosse promeut l’obésité que de penser qu’une Barbie petite promeut la pédophilie !

[bctt tweet= »La société nous impose de détester les personnes grosses. Pensez différemment ! » username= »JessicaBensaid »]

Dire qu’une Barbie grosse est ridicule, inutile, pas nécessaire ou problématique, c’est dire qu’une personne grosse est aussi tout cela et c’est accepter ce que la société veut nous imposer : de mettre au rebut un type de personne et considérer qu’elle n’a pas à exister. Quoi de pire que de renier l’existence d’un être ?

Qu’est-ce-qui peut être plus positif que de voir une petite fille mince jouer sans souci avec une poupée grosse ? Quel est le risque réellement ? Qu’elle accepte le fait que tout le monde n’a pas le même corps ? 😉

Avoir une Barbie grosse, c’est tout simplement avoir une Barbie humaine. Comme lorsqu’on a une Barbie noire ou aux cheveux blonds. Parce que l’humain a des différences et que Barbie veut coller à l’humain. On a encore du pain sur planche quand on voit qu’elle peut à peine plier les jambes…

♥ Pour aller plus loin :

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2 Comments

  • Reply
    Les Flâneuses
    21 juin 2016 at 8 h 06 min

    Quel bel article ! Je n’avais pas vraiment suivi les réactions concernant les nouvelles versions de Barbie, de peur de tomber sur des réactions intolérantes voire obscènes comme tu as pu en lire… C’est désolant mais le fait que le fabricant ait créé « Barbie curvy » est déjà un bon pas en avant pour une société moins centrée sur un physique « parfait » !

    • Reply
      Jessica
      21 juin 2016 at 15 h 56 min

      J’ai été très naïve en lisant l’article dont je parle. J’espère juste un titre un peu provocateur et il s’agissait vraiment d’un contenu insultant…
      Le pire est de voir que beaucoup de jeunes filles trouvent dégradant l’image d’une poupée grosse. Il y a encore beaucoup de chemin à faire.

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