Et si le développement personnel était mauvais ?

Gratitude
Et si le développement personnel était mauvais ? | Fuck your bad vibes

Je sais, j’ai mis du temps à vous écrire. Je manquais un peu de motivation et puis je trouvais toujours mieux à faire (comme une partie de Civilization V ahem). Ensuite, j’ai eu plein d’imprévus et de galères et je dois avouer que le blog était le dernier de mes soucis. Même si j’y pensais et je culpabilisais…L’avantage, c’est que ça m’a permis de mûrir mon article dans ma tête. Et sachant que je voulais le publier finalement le 8 mars, vous pensez bien qu’il est parfaitement mûr maintenant (non, je déconne, ça va être super décousu cette histoire encore…).

Le développement personnel et l’imperfection

Histoire de nourrir ma réflexion et ce blog, je lis souvent des livres de développement personnel. Il m’arrive aussi de lire des articles sur d’autres blogs. A force de réfléchir encore et encore à ce que j’ai lu, j’en suis venu à me demander si le développement personnel n’était pas un peu…malsain ? Laissez-moi vous expliquer mon cheminement de pensée.

Dans la majorité des cas, le développement personnel vous pousse à devenir un meilleur soi. Quelque soit la forme qu’il utilise (blogs – même ici, magazines, livres, etc), on se retrouve toujours à lire des idées, des concepts qui nous expliquent quels sont les bons chemins pour se sentir mieux. Alors on est d’accord, être mieux, c’est mieux (cette phrase était si nulle qu’il fallait que je l’écrive) mais est-ce qu’on est encore soi ?

Quand je m’imagine améliorée grâce à toutes mes lectures de développement personnel, je me vois plus sociable, plus extravertie, plus disciplinée, plus confiante et plus organisée. Je me persuade qu’en possédant ces qualités, je ne me sentirais plus à ma place et que je galèrerais moins. Ce n’est sûrement pas faux : si j’étais plus confiante, j’arrêtais de me sentir « pas à ma place » en famille et si j’étais plus auto-disciplinée, je brillerais dans plein de domaines (comme plein de gens). Est-ce que ces traits de caractère sont innés ? Est-ce qu’on peut les combattre ? Je ne sais pas. Mais je devrais vraiment faire un tel travail sur moi que je ne serais plus tout à fait la même. Aujourd’hui, je suis celle qui est capable de vous frapper si vous la forcer à danser (la panique, tout ça), celle qui s’excuse mille fois alors que je n’ai parfois envie que de dire « allez bien vous faire foutre » et celle qui est clairement bordélique parce qu’elle a la flemme de ranger. J’ai un peu l’impression d’être malhonnête si je me transformais à ce point.

J’ai aussi parfois l’impression que le développement personnel nous amène à normer notre vie. Pour être bien dans sa peau, il faut être discipliné•e, minimaliste, d’être plein de gratitude, être productif•ve,… A un moment donné, qui a décidé que c’était la voix royale pour être heureux•se ? Dans 15 ans, on nous dira que le bonheur, c’est être bordélique, insouciant et colérique. Tout ce qui touche à la sphère mentale ne peut pas pas et ne doit pas être façonné par des tendances. D’où l’intérêt de faire ses propres expériences, n’est-ce pas ?

Le développement personnel à l’heure actuelle nous apprend que nous ne sommes pas comme il faut et que nous devons changer. Alors attention, je ne dis pas que le changement, c’est mal mais quand on vous mène à vous focaliser sur ce qui ne va pas (selon des normes qui ne sont pas les vôtres), il y a un souci non ? Et si, plutôt que de chercher à réparer chez nous ce qui nous semble « cassé », on se focalisait sur ce qui fait notre force ? Pourquoi ne pas s’améliorer et rendre nos points forts encore plus costauds ? Ne serait-ce déjà pas génial de prendre en compte ce qui est merveilleux chez nous ? C’est comme dans le body positive : tout est génial chez nous, certains trucs plus que d’autres mais rien est à jeter. Nous ne sommes pas des machines cassées mais des tableaux de maître où ils manquent encore quelques couleurs.

Vers plus de bienveillance dans le développement personnel

Au fond, à quoi ça sert le développement personnel ? Il sert à nous donner des pistes pour s’améliorer, tendre vers plus de bien-être et tout simplement être plus heureux. Si tous les livres de développement personnel était une autoroute vers le bonheur, cela se saurait ! Et surtout, on risquerait d’avoir des personnalités multiples à vouloir suivre tous ces conseils ! Lisez, testez et faites-vous votre propre opinion. Dans son livre « The Happiness project », Gretchen Rubin explique que ce qui convient aux autres ne lui convient pas forcément. Je trouve que c’est une bonne leçon à retenir.

Je regrette qu’il n’y ait pas plus d’ouvrages de développement personnel dans le même ton que le body positive : un livre qui nous dirait de nous aimer inconditionnellement et que ça n’est pas grave de ne pas réussir certaines choses. A se focaliser sur ce qui ne va pas, on en oublie nos bons côtés et on n’en profite pas.

 

 

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